Octavio Paz dans son siècle

Octavio Paz dans son siècle

Christopher Domínguez Michael

Language: French

Pages: 388

ISBN: 2070146863

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Né au Mexique en 1914 et décédé dans sa capitale en 1998, Octavio Paz est l’une des figures majeures de la littérature latino-américaine du XXe siècle. Poète, essayiste et dramaturge, il fit très tôt de son pays l’un des sujets privilégiés de sa réflexion, mais n’en était pas moins un homme profondément cosmopolite, un écrivain engagé et ancré dans son temps. Il fut ainsi le protagoniste et témoin de plusieurs événements marquants, tels que la guerre civile espagnole (1936-1939), la fin de la Seconde Guerre mondiale et la création des Nations unies (1945), la révolte des étudiants en 1968 ou la chute du mur de Berlin en 1989.

Devant l’histoire d’un siècle trouble, aussi fascinant que révoltant, il fit face avec courage et lucidité aux nombreux choix s’offrant à ceux qui voulaient changer la littérature et le monde. Cette biographie nous permet de mesurer l’ampleur et la singularité de son destin, tout comme son amour de la poésie. Car, à la fois riche et précis sur la vie de l’écrivain engagé, Octavio Paz dans son siècle apporte une réflexion sur son oeuvre littéraire, en particulier sur la poésie de sa maturité, celle de ses séjours en Inde au cours des années cinquante et soixante, et celle de son retour au Mexique dans les années soixante-dix. S’y ajoute le récit de la grande aventure politique et intellectuelle de la revue Vuelta, de l’énorme reconnaissance internationale dont le poète jouit dans les années quatre-vingt et, enfin, de la remise du prix Nobel de littérature en 1990, couronnement de sa trajectoire éthique et esthétique.

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je dirai que je suis R. D. (un de nos amis mexicains).” Il s’est tu et m’a de nouveau regardé fixement, d’un œil angoissé. Nous avons fait quelques pas, puis, de nouveau, nous nous sommes arrêtés. Il m’a dit : “Je dois partir. Il est tard. Sinon, ils ne me donneront pas à manger. Cette servante me hait. Elle doit soupçonner quelque chose…” Il s’est frappé du poing le flanc droit. “Je dois m’en aller, j’y vais, j’y vais…” Nous nous sommes donné l’accolade et il s’est éloigné en sautillant. Puis il

d’Aigle ou soleil ?, parue en 1957, et l’avatar de Bona, Perséphone, � parcourt enflammée d’une passion partagée les hendécasyllabes au présent de “Pierre de soleil122” », poème paru lui aussi en 1957, ce qui impliquerait qu’il y ait eu quelque chose entre eux lorsqu’ils firent connaissance à Genève en 1953. Entre mars et juin 1958, Mandiargues et Bona voyagèrent au Mexique, de Mexico jusqu’à Acapulco, Zihuatanejo, dans la péninsule du Yucatán, au Tabasco et dans le Chiapas. Paz fut un généreux

Fuentes depuis Paris. Le massacre de Tlatelolco Le 11 septembre 1968, le président Díaz Ordaz avait menacé sans détour les étudiants rebellés : � Nous ne voudrions pas être contraints de prendre certaines mesures mais nous le ferons si nécessaire ; nous ferons tout ce qui sera de notre devoir ; nous irons aussi loin qu’il le faudra », et il avait désigné les intellectuels comme la source de la conjuration : � Quel grave tort font les philosophes modernes de la destruction qui sont contre tous

à romancer les événements dans ses rapports, rendant difficile l’évaluation de la crédibilité et de la véritable utilité de l’information qu’elle apporte74 ». Garro faisait et disait ce qui lui passait par la tête, libre dans sa folie, cette source de son indéniable génie littéraire. Le 17 août 1968, elle publie dans la Revista de América un article abracadabrant intitulé � Le complot des lâches », dans lequel, après qu’elle a accusé pour la première fois les intellectuels d’avoir incité les

Mexique, d’abord à gauche, puis contre elle, après avoir échoué à son impossible réforme. Le philosophe espagnol Fernando Savater a raconté, à plusieurs occasions, que le Mexique qu’il découvrit, en 1979, lorsqu’il vint saluer Paz, était comme un village du Far West où les jeunes débarquaient pour perfectionner leur habileté au tir contre Paz, le vieux cow-boy, qui, immanquablement, les désarmait et les blessait, ou pire encore198. L’affrontement avec Paz tenait lieu de consécration et cette

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